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Fire Emblem Fates – Quel est votre destin ?

Maintenant la folie des collectors estompée, le temps est venu d’aborder Fire Emblem Fates en lui-même. Héritage ou Conquête, aka Hoshido ou Nohr pour les japonisants. La question est « quel destin allez-vous choisir ? », « Si j’avais le choix ? ». Ce premier constat amène l’idée que le joueur peut intervenir à certains moments du scénario. La réalité rattrapant rapidement les fantasmes, le seul choix proposé sera de prendre parti pour un des deux scénarios avant de tenter le troisième vendu en DLC en dehors de l’édition collector. Cette scénarisation s’accompagne d’un gameplay peaufiné depuis Fire Emblem Awakening ainsi que de nombreuses modifications que nous étudierons dans la seconde partie de ce test. Dans un premier temps, je vais revenir sur « l’utilité » de ces versions et par laquelle il faudrait commencer. Enfant d’Hoshido élevé à Norh, votre avatar devra choisir une voie à partir du chapitre 6 entre votre pays d’adoption ou de naissance. Une fois ce scénario fini, vous pourrez réitérer l’expérience ou tenter le troisième scénario.  

Héritage, le chemin des découvertes sans ambitions

Le titre semble sévère, notamment venant de quelqu’un qui aime la série, mais cet épisode m’a semblé être une mascarade scénaristique. Au début de cette vidéo, qui était ma première, j’ai été assez étonnée de la stagnation de l’intrigue. Même si les Fire Emblem ne sont pas connus pour avoir des retournements de situations à chaque chapitre, Héritage reste tellement classique qu’il en devient lassant. Légèrement mieux qu’Awakening, il n’arrive jamais à s’élever et se retranche derrière un ennemi ridicule (Macbeth) vous menant par le bout du nez. Si le jeu comportait d’emblée tous les scénarios, je n’aurai pas souligné ce défaut scénaristique mais ce n’est pas le cas. La voie d’Hoshido ne demeure pas totalement sans intérêt, c’est le chemin où vous pourrez découvrir pas mal de nouvelles unités tels que les ninjas ou les marionnettistes. Ce peut également être la voie de ceux qui veulent finir rapidement le jeu. Malgré quelques cartes répétitives et avec une difficulté plus élevée qu’Awakening, cela reste un chemin beaucoup beaucoup plus simple que Conquête. De par ses unités aux classes boostées ainsi que par des configurations plus avantageuses au début de chaque combat. Joué en normal et classique, ce chemin fut intéressant dans le sens où il permet d’appréhender les nouveautés du titre comme « My castle » sans pour autant être bloqué par la difficulté. Il reste aberrant qu’une notion importante du scénario, développée par la suite dans Révélation, soit totalement éclipsée. Le système de level up de Fire Emblem Awakening est conservé et vous manquez rarement d’argent tout au long de votre périple.

Conquête, la voie de ceux qui veulent retrouver ce moment du tout pour le tout

Souvenez-vous de ces cartes où le dernier coup était votre manche finale, ou si cette flèche n’atteint pas sa cible tout est perdu, il s’agit de ce que vous propose Conquête. Lorsque Nintendo parlait de carte pour les anciens, il ne plaisantait pas. De mes souvenirs de la série, la carte de la forêt de Serenes de Path of Radiance demeurait mon cauchemar, ces marais, l’impossibilité de récupérer des armes… Maintenant, j’aurai plusieurs exemples notamment la carte « Les escaliers de l’enfer ». Conquête est dur, aussi bien en normal qu’en facile. L’argent se fait rare et le level up à l’ancienne, réservé aux cartes de l’histoire où il vous faudra tuer le plus d’ennemi afin d’acquérir les précieux points d’expériences. Dans cette voie, seule les classes classiques sont disponibles hormis quelques exceptions ce qui rend les combats plus difficile: on regrette rapidement la classe de soin d’Hoshido qui permettait de soigner sur une distance de deux cases. Votre persévérance se voit récompensée a plusieurs reprises avec des cartes de plus en plus réfléchies et innovantes ! On regrette une nouvelle fois que le scénario qui bien que mieux que celui d’Héritage, demeure une sortie d’histoire en miroir avec des enjeux assez limités.

Révélation, le vrai scénario invisible

En tant que joueuse, je trouve dommage que l’on impose des scénarios moins bien ficelés que ce que je n’aurais espéré avant de se lancer dans ce dernier. Révélation est sans conteste, le vrai scénario de Fire Emblem Fates, les rebondissements tombent juste et l’on se sent porté par l’histoire. Différents des deux premiers axes, Aqua/Azura sera votre guide et vous naviguerez entre Hoshido et Norh afin de trouver votre voie. Quel plaisir de voir les unités des deux précédentes versions rejoindre votre équipe, tant de stratégies possibles avec ses différentes classes. Cette version dispose du système de level up identique à Héritage mais les cartes disposent de la même complexité que celle de Conquest. Cette voie sublime ce Fire Emblem et dévoile toutes les subtilités de son gameplay.

A la vue de ces constats, le cheminement le plus logique entre les différentes versions de Fire Emblem est donc Héritage, Conquête et Révélation. Je place Hoshido en premier car c’est une formidable porte d’entrée pour les nouveaux venus ou pour adhérer aux modifications de gameplay. Conquête et Révélation demanderont chacun une stratégie bien établie. Enfin, toutes les réponses aux questions se cachant dans le DLC Révélation, il est idéal de le faire en fin de parcours. Si vous souhaitez cependant un cheminement aisé le chemin Hoshido et Révélation se fait mais le plus intéressant serait Norh puis Révélation.

Quelle que soit la voie cela reste identique

Dans ce Fire Emblem, certains changements ont fait grand bruit, et je ne parle du mini-game de peting façon Love Plus où l’on titillait du stylet ses coéquipiers. Le premier grand changement est la disparition des armes destructibles, compensées par des prix plus élevés chez l’armurier et une nouvelle balance des statiques liées aux armes notamment en terme de vitesse. Au final, ce changement se révèle assez bienvenue évitant les aller-retour avec le magasin et le stockage intempestif des armes. Par rapport à Awakening, les changements de classe se trouvent plus équitables et limités. On ne peut adhérer qu’à des classes limitrophes de sa spécialité et surtout l’on ne débloque plus que celle de son/sa conjoint(e) ou son/sa meilleur(e) ami(e). Il vous faut impérativement booster vos liens en faisant combattre par duo vos unités sur le champ de bataille. Les duos sont dorénavant possibles pour les unités ennemies ce qui risque de vous poser quelques déconvenues:  un boss proche d’une autre unité, ou un archer dissimulé dans un duo avec votre pégase à quelques cases par exemple…

Le gameplay repose toujours sur le système de pierre-feuille-ciseau entre les différentes armes, il faudra faire attention aux catégories auxquelles appartiennent les nouvelles armes. On peut toujours vérifier les déplacements de l’ennemi, préparer ses unités avant les combats. Une autre nouveauté, et non pas des moindres, est le « Flux du dragon » ou la possibilité pour les membres de la royauté déclencher des évènements à certains moments. Autant cela peut vous être d’une grande aide, que se retourner contre vous si l’ennemi en est le principal bénéficiaire. La carte du jeu laissera apparaître de nouveau ennemi si vous jouez à Héritage ou Révélation. Il est regrettable que son design soit aussi peut intuitif après la magnifique carte que nous proposait Fire Awakening. Il vous sera toujours possible d’accéder à des DLC via la porte et des combats avec des unités d’un autre monde sur des « planètes ».

Enfin la zone du « Château », votre base où vous pouvez faire vos emplettes, forger les armes, réaliser les combats avec les autres joueurs streetpasser, nourrir votre dragon protecteur… En gros, ce lieu rassemble l’ensemble de vos actions hors combat et remplace un classique menu. Héritage et Conquest se composent de différentes boutiques et ressources propres au pays choisi. La forge vous permet de perfectionner et personnaliser votre arme. L’arène sélectionnera un ou des personnages afin de combattre d’autres opposants dans un combat automatisé dans lequel vous pouvez parier des ressources à dupliquer. Ces mêmes ressources que vous obtenez par les récoltes quotidiennes de vos différents lieux de production et qui vous serviront à créer des repas, utiliser la forge, obtenir d’autres ressources, d’augmenter le niveau de votre dragon protecteur ou des objets de personnalisation de personnage. Utilisable sur n’importe laquelle de vos unités, ces objets au prix assez élevé en ressources apportent en plus d’un changement d’apparence quelques modifications de statistiques.

Votre chambre initialement le lieu du tristement fameux « peting » ne sert plus qu’à modifier votre coupe de cheveux et déclencher une scénette avec un personnage augmentant tout de même votre lien avec celui-ci.  Le musée comporte un cinéma ainsi que différentes features agréables comme la description des personnages et de certains éléments scénaristiques.  Le tirage vous permettra de tenter votre chance afin de gagner un objet, la cafétéria de booster (ou empoisonner en fonction du cuisinier) vos unités contre des ressources. La prison peut être utilisée afin de capturer des unités ennemies. Chaque combat relié à l’histoire, ou non pour les chemins d’Héritage et Révélation, vous fera gagner des points que vous pourrez dépenser en construisant des bâtiments, les faisant évoluer ou en plaçant des objets stratégiques en vue de futurs combats.

Le casting de personnages demeure assez varié grâce aux spécificités d’Hoshido et de Norh, univers asiatique face à l’univers occidental. Même si certains visages sont familier, on admettra que l’on a au moins apporté une explication, un tant soit peu crédible, à leur retour. Les relations entre eux sont plus ou moins intéressantes en fonction des duos, il est toujours intéressant d’en apprendre plus au niveau de leur background bien que je regrette qu’il n’y est plus de dialogues avec plus de deux interlocuteurs depuis l’épisode d’Awakening. On peut également relever que le doublage n’est plus maintenu pendant les scènes de dialogues. Le doublage japonais est particulièrement réussi avec de grandes figures comme Junichi Suwabe ou Daisuke Ono. Mention spéciale à la voix d’Aqua/Azura.

Graphiquement, le jeu se base sur la même direction artistique qu’Awakening tout en étant moins aberrant et propose au plus pointilleux des modèles 3D munis de pieds. Les cinématiques magnifiquement réalisées ponctuent les moments importants du jeu, notamment les deux danses d’Aqua/Azura.  Les musiques ont toujours possédé une place importante dans Fire Emblem qu’elles soient intégrées au jeu ou extra-diégétique, cet épisode dispose de compositions magnifiques telles que « A dark Fall » ou « End of All » ainsi que le thème du générique de début, le plus beau que j’ai entendu de toute la série.

Ce Fire Emblem est plus que complet, même si l’on regrette la différence de traitement dans les scénarios ainsi qu’une redondance de certaines cartes dans les deux chemins principaux. Pour le gameplay rien à redire, chacun y trouve son compte grâce aux différents réglages en début de partie. Si la difficulté choisie vous pose problème, vous pourrez de nouveau la modifier en cours de jeu. Bien qu’imparfait, cet épisode est clairement le plus accessible à qui souhaite découvrir la série. Objectivement, Fire Emblem Fates un bon épisode de la série et il serait le meilleur s’il n’avait pas péché par son côté narratif .

PS: En Europe, Révélation est accessible en première route.

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Azura • 19 mai 2016


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Comments

  1. amamildor 20 juin 2016 - 12 h 05 min Reply

    Je n’ai jamais fait de T-RPG ni de Fire emblem et je suis bien tenté de m’y essayer avec cet épisode. J’hésite encore sur la version à prendre. Conquête semble un poil plus intéressant mais est-ce à la portée d’un novice de la série ? Ou alors vaut-il mieux prendre héritage pour découvrir la série plus facilement et aller (potentiellement) plus vers révélation ?

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